Chapeau !

Chapeau Napoléon

Chères blogueuses, chers blogueurs, chères amies, chers amis, nous vous informons d’un événement capital que vous n’êtes pas prêts de revoir de sitôt : une vente exceptionnelle !

En effet, après avoir constaté qu’un des chapeaux de Napoléon 1er s’était vendu 1,8 million d’euros ce week-end ; nous autres, les sociétaires de l’Amicale des Farfelades Abracadabrantes du Guyr, avons décidé de mettre en vente le chapeau du Guyr !

Pourquoi cette vente ?

Tout d’abord, parce que ce couvre-chef est unique, contrairement à Napoléon qui en possédait 120, ce qui en fait sa valeur unique et plus qu’exceptionnelle.

Ensuite, vu les conneries qu’il a cogitées sous ce couvre-chef, il est certain que ce dernier est plus intéressant à avoir chez soi que celui d’un vulgaire conquérant possédant un ego démesuré, ce qui n’était pas le cas du Guyr, c’est bien connu.

Et pour finir, notre ami le Guyr était le Maître des Rêves. Quoi de plus charmant que de voir défiler les rêves du Guyr dans son petit chez soi ?…

amusement portrait

Cette vente nous permettra de créer un collectif de lutte contre la connerie humaine, et notamment celle des ventes aux enchères de biens publics.

Ce chapeau, digne des plus grands événements majeurs ou mineurs qui ne soient jamais arrivés dans le monde, est à vendre au prix raisonnable de 3 millions d’euros (payables en euros, en dollars, mais surtout pas en roubles). Si, par hasard, un acquéreur veut mettre quelques centaines de millions d’euros en plus, nous les accepterons bien volontiers. Naturellement, il sera remis à l’heureux acquéreur un véritable certificat authenticité, certifiant l’origine de ce bien exceptionnel.

Et, cerise sur le gâteau (non sur le chapeau), il sera remis à cet acheteur barjot une photo du Guyr dédicacée par sa chienne Cantate. Quoi de plus ravissant que d’avoir une photo du Maître des Rêves portant l’empreinte boueuse de sa chère compagne ?

Pour obtenir de plus amples renseignements sur cette vente miraculeuse, veuillez contacter Catelin Renarth – BP 000 – Les Mille et Milles Mondes.

Les « chasses du Guyr » – Le Grand Chambardement.

Quelque part dans les douces contrées de France et de Navarre… 

  • Catelin, tu as lu la presse ce matin ? Tous les journaux ne parlent que de son retour ! C’est carrément flippant !
  • De qui parles-tu ? De Sarko ? C’était plus que prévu, je ne vois rien de bien flippant, comme tu dis. Tu me dirais que Clémenceau était de retour, oui, je serais surpris, mais Sarko !…
  • Mais non, Catelin, tu n’y es pas du tout ! Je te parle de l’autre, celui qui avait disparu depuis plus d’un an. Tu sais bien, celui que tout le monde avait dit qu’il était mort et enterré.
  • ?…
  • Mais putain ! Un macchabé qui ressuscite, moi, ça me fout les jetons !
  • Allons Gabriel, soit sérieux ! On n’a jamais vu quelqu’un revenir de là-bas, à part le crucifié, mais là encore, on n’a pas vraiment de preuves formelles.
  • Tu peux me dire ce que tu veux, mais moi, je te dis qu’il est revenu !
  • Bon, d’accord ! Il est ressuscité ! Mais dis-moi, de qui parles-tu ?
  • De Guyraölte, du Guyr quoi ! Toute la presse en parle !
  • Sacré Gabriel, tu me feras toujours rire ! Le Guyr n’est plus depuis un an. Certes, il était spécial, mais, de là à pouvoir se régénérer !… Je peux t’assurer qu’il ne possédait pas cette faculté !
  • Pourtant, regardes sur Google, on ne parle que de lui ! 

Intrigué, j’ouvrais mon ordinateur, cliquais sur « Actualités », et là, stupéfait, je découvrais les grands titres dont me parlait l’ami Gabriel : « Panique en Opalie – Peur dans le Limousin – Affolement dans le Grésivaudan – Épouvante dans les Pyrénées – Agitation machiavélique dans la vallée du Rhône… ». Je faisais défiler les titres à toute allure, quand j’en vis un qui, d’un coup, stoppa la frénésie qui venait de m’habiter : « Grand chambardement en Ardèche ». Immédiatement, je compris. Me tournant vers l’ami  Gabriel, je lui dis. 

  • Tu es trop jeune pour avoir vécu une certaine période. Je vais te raconter une drôle d’histoire qui s’est déroulée quand le Guyr était encore parmi nous. Sacré bonhomme, même disparu, il a encore le pouvoir de refaire les mêmes blagues que par le passé et de leur foutre la trouille !
  • Foutre la trouille ? Lui ? Tu m’as toujours dit qu’il était sympa et pas méchant pour un sou.
  • C’est vrai. Sauf pour un genre de personnes. Les chasseurs et lui, c’était une longue histoire de mésentente totale. C’est simple, s’il pouvait leur faire une crasse ou une bonne blague, il n’hésitait pas. Tu te souviens de « l’Hallali », l’histoire que je vais te raconter est mieux encore. Écoute… 

Voilà, j’ai trouvé cette petite introduction (à la façon Guyr) assez amusante pour expliquer mon retour sur la blogosphère après de longs mois d’absence. Absence bien involontaire, je vous l’affirme. En fait, l’ordinateur du Guyr a eu un énorme problème. Il m’a fallu des semaines pour le remettre en état, et surtout, récupérer tous ses écrits. Tout l’ensemble est réparé et je vais pouvoir continuer à vous conter les aventures du Guyr. Aller, hop ! Une nouvelle histoire sur la chasse. Bonne lecture à tous, avec toute ma sympathie. Catelin Renarth.

 ♥

 Ce matin-là, tout là-bas, bien loin du Pays des Tout-en-Bas, au deçà des Amples Mers des Noires Incompréhensions, camouflé au milieu du Pays des Grands Imaginaires… le Pays Merveilleux.

Ce matin-là, au-dessus du Pays des Grands Imaginaires, là où vivent les Sept Merveilles, Araw le Divin ouvre son œil d’or. Ayant bu l’élixir de Dame Oiche, il se leva pour accomplir son œuvre quotidienne : maintenir la vie sur toutes les galaxies du Monde. Comme tous les matins de sa longue existence, il fit le recensement de ces ouvrages célestes.

A première vue, tous étaient là, sommeillant sous l’aile bienfaitrice de Dame Gealach, la reine de la nuit. Il les connaissait tous ! Même le Pays de la Sombre Incohérence, ou cette triste Contrée de l’Amère Désuétude. Que de fois, où après de longs efforts, il était parvenu à leur redonner espoir. Ce matin du 23 septembre de l’année du Dragon d’Eau, il est inquiet. L’élixir de Dame Oiche avait un goût étrange, comme si Maklevarh, le maître du Pays des Fourbes Malédictions, avait trempé sa griffe perfide dans le breuvage.

Poussant la porte de son logis, il croisa la Belle Gumala, prêtresse de toutes les nuits.

  • Bonjour, Gumala. Dis-moi, j’ai un sombre pressentiment ce matin. Les nuées de la Grande Obscurité furent-elles sereines ?
  • Nullement, Divin Araw ! Je venais te voir à ce sujet.
  • Dis-moi, que s’est-il passé ?
  • Je ne saurais te l’expliquer. De partout, dans le Pays de Luth, dans le Pays des Grands Sapins Bleus, dans celui des Grands Chênes, dans le Pays des Douces Pensées ; tout n’a été que remue-ménage et chuchotements.
  • Diable ! Dans le Pays des Merveilleux ! Tu en es certaine ? As-tu vu quelque chose ?
  • Hélas non, Divin Araw. Tout cela se passait sous les Bois de la Grande Honorabilité. Je n’ai pu ressentir que frôlements, chuchotis et murmures. Cela ne présage rien de bon. Moi, je dois m’en aller. Regarde, Bukang apparaît déjà…

Araw, le Dieu Soleil, remercia la belle Gumala qui partit rejoindre ses sœurs Dame Gealach et la douce Maan. A elles trois, elles illuminaient de leurs reflets le Pays de la Grande Obscurité. Déjà, leur fille unique, Bukang la Rousse, recouvrait de sa grande houppelande le Pays des Grands Imaginaires.

 Cantate à l'affut

  • Wouaf ! Wouaf ! Guyr ! réveille-toi !
  • Uummm…
  • Mais, réveille-toi ! Il y a urgence !
  • Cantate, arrête ! Fiche-moi la paix, il fait à peine jour.
  • Mais, nom d’un lapin, réveille-toi ! Aujourd’hui, c’est le grand jour !
  • Jour de quoi ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? Tu sais bien que dans le Pays des Sept Merveilles, tous les jours sont égaux, ou presque.
  • Peut-être, sauf qu’aujourd’hui, c’est le 13 septembre !
  • Ah ? Et il y a quoi le 13 septembre ?
  • Un truc dramatique, l’ouverture de la chasse ! Tu te rends compte, tous les assassins du Pays des Tout-en-Bas vont venir pour assassiner tous mes amis. Il faut faire quelque chose, les empêcher de passer, demander à Fouch’ de Mor qu’il leur jette un sort, je ne sais pas moi, c’est toi Le Guyr ! Moi, je ne suis qu’une pauvre petite chienne. Tiens, tu ne pourrais pas en parler au gouverneur du Pays des Tout-en-Bas, le Satrape ?
  • Pas possible, avec le Satrape des Hauts-Land’s, tout lui paraît tellement normal…
  • Mais, qu’est-ce qu’ils vont devenir mes copains chevreuils, mes copines les lapines et tous les autres ?
  • Ne t’inquiète pas, ma belle Cantate, j’ai tout prévu.
  • C’est vrai ?
  • Oui, écoute….

Quelque part dans le Limousin, là où débute le Pays de Luth, dix hommes, fusils en bandoulière…

  • Eh, Jeannot, tu en as vu des chevreuils, toi ?
  • Pas encore, c’est trop tôt, l’aube vient juste de démarrer. Il faut attendre encore une dizaine de minutes.
  • Dites donc, les gars, vous ne trouvez pas qu’il y a quelque chose de bizarre ?
  • Quoi donc, tout me semble normal, répondit le Marcel. Qu’est-ce que tu trouves de bizarre ?
  • Regardez, dans les près, il n’y a plus de vaches, plus aucun mouton. D’habitude, le Louis, il ne les rentre pas si tôt.
  • Boudiou ! Tu as raison.
  • Chut ! Taisez-vous ! C’est quoi ce bruit ?

De partout, des confins de la Grande Ténébreuse, par delà les profondeurs des Grandes Eaux du Lac Bleu, au-dessus des feuillages des Grands Vénérables, au travers les Couloirs du Temps, de partout dans le pays Merveilleux, un bruit courrait. On aurait dit comme un troupeau de mille milliards de mille-pattes qui dévalaient les pentes de la Grande Montagne Noire là-bas dans le Pays de la Grande Muraille.  Brusquement, plus rien ! Le silence ! Plus de chants d’oiseaux, plus de brindilles qui craquent, plus de ruisseau qui suintent… Plus rien ! Le vide ! Le néant… Les dix hommes, inquiets, armèrent leurs fusils.

Soudain, ils la virent.

Là-bas, en bordure du Bois des Grands Sapins Bleus, elle était gigantesque, sa fourrure blanche scintillant de mille feux. Assise sur ses pattes arrière, elle les fixait de ses yeux d’or. Elle se leva doucement, fit quelques pas, et, alors que les chasseurs la regardaient effrayés, elle se mit à hurler doucement…

De partout, des confins de la Grande Ténébreuse, par delà les profondeurs des Grandes Eaux du Lac Bleu, au-dessus des feuillages des Grands Vénérables, au travers les Couloirs du Temps, de partout dans le pays Merveilleux, des hurlements percèrent le grand silence. De partout, ce fut le même effroi. Tous les hommes qui portaient un fusil, se sentirent empêtrés de frissons de peur. Et plus, ils avaient peur, plus le froid les tenaillait.

Aussi soudainement que ces hurlements étaient apparus, aussi soudainement, ils s’arrêtèrent. De nouveau le silence. Ce silence de la grande peur, le silence des lâches, des perfides chasseurs… Les regardant encore une fois, la Dame aux Loups, l’une des Sept Merveilles, fit deux pas en arrière, et se coucha. On entendit plus un bruit, tout n’était que suspension dans l’air. Même Garnatche, la grenouille bavarde se taisait.

Alors, le grand bruit revint. Sourd, abominable, démesuré, venant des Taciturnes Ténébreuses, un martèlement gigantesque des sabots de l’enfer… Au milieu de ce vacarme funeste, les hommes, tous ceux qui portaient un fusil, se tournèrent vers l’origine du bruit. Tremblant de peur, ils les virent…

Par delà tous les Pays des Grands Imaginaires, même au Pays des Grandes Glaces, ainsi que dans la Contrée des Pauvres Attendrissements, et même dans le Beau Pays de la Vallée Généreuse, de partout, on vit le même Grand Chambardement.

Des milliers de vaches, de taureaux, de moutons, de béliers chargeaient les chasseurs, les bousculant, les roulant dans les épines de la grande Broussaille, les poussant dans les eaux boueuses des Grandes Eaux Stagnantes…

  • Comment as-tu fait, demanda Cantate ?
  • Hier soir, ma belle Cantate, pendant que tu faisais ta sieste de 19 heures, je suis allé voir Claude le Grilh. Je lui ai demandé qu’avec tous ses amis du Pays de Luth, ils coupent toutes les clôtures de tous les près et de tous les champs. Après, je suis allé rendre visite à Nestor le Vieux. Tu sais, le taureau limousin que tout le monde aime bien. Je lui ai expliqué mon plan. Je crois qu’il en rit encore…
  • Et la Dame aux Loups ?
  • La Dame aux Loups ? Quelle Dame aux Loups ?
  • Ben, la Dame aux Loups, celle des Sept Merveilles. Tu lui as bien demandé de venir, non ?
  • Tu sais, ma brave Cantate, la Dame aux Loups, nous sommes identiques elle et moi.
  • Ah ? Moi qui croyais que le Guyr était unique.
  • En quelque sorte, en quelque sorte… Nous ne sommes qu’une illusion irréelle… Des Imaginaires du Pays des Grands Imaginaires…

 ♥

 Je suis très heureux de pouvoir à nouveau vous faire profiter des écrits du Guyr. A bientôt. Bien cordialement. Catelin Renarth.