Le Ras la Truffe de Mademoiselle Cantate du Vaccarès

Aujourd’hui, comme nous discutions, une amie et moi de la manif pour tous, un souvenir m’est revenu à l’esprit : le coup de gueule de Cantate en 2010. Cinq ans déjà ! Mais, toujours au goût du jour… Aller ! Juste pour le fun, le voici ce fameux coup de gueule. Ah, avant que je n’oublie ! A prendre avec humour et… délicatesse !!!!!! Catelin Renarth.   

 ♥

Bonjour les humains !

Oui, c’est moi, Cantate, la copine du Guyr, la fille du Vaccarès, la seule chienne mondialement connue et plébiscitée par les internautes du monde entier, chinois compris. Je voulais vous dire que je suis ulcérée, scandalisée, blessée dans mon amour propre, terriblement choquée et froissée par l’inconduite des humains ! Il y en a ras la truffe de vos salamalecs, de vos partis-pris, de vos impolitesses, de votre vocabulaire ! J’en ai le poil qui se hérisse, à un point tel, que j’ai décidé de créer une union syndicale défendant la cause des chiennes bafouées :

La M.O.C.R.I.E.

La Mouvance Officielle des Chiennes Râleuses, Incomprises, Émancipées

Pourquoi ? Attendez donc que je vous explique avant de penser à n’importe quoi comme vous en avez l’habitude, vous les humains ! Je vous vois venir… « Qu’est-ce que c’est que ces chiennes qui rouspètent ? Déjà que leurs maîtres leur offrent des croquettes Royal Caniche, voilà qu’elles en veulent encore plus ». D’abord, sachez que nous, les chiennes libérées, nous ne mangeons que des croquettes bio, et surtout pas ces rejets de ce que vous n’aimez pas, vous les humains ! Mais là, n’est pas le problème ! Non, notre condition de filles de bonnes familles est bafouée ! Voici les preuves accablantes…

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Samedi dernier, en début d’après-midi, le Guyr me dit :

  • Cantate, je n’ai plus de tabac. Qu’en penses-tu, nous partons à pieds au village et nous revenons par le bord du renfoncement du Beuvron, là où les canards batifolent ?

Vous me connaissez, du moment qu’il y a des canards sur la rivière, je suis partante à 200% ! Bref ! Nous voilà partis à travers les bois pour rejoindre le bourg. Là, à peine mis la première patte sur le bitume, qu’une mégère du coin nous voit. « Oh, le joli petit toutou, c’est un garçon, n’est-ce pas ? » Et vlan, voilà que ça recommence ! Elle va me gâcher ma ballade la bigote solognote ! Le Guyr, toujours aimable, me dit : « Allons, Cantate, ne te frappes pas le ciboulot ! T’as vu la mégère ? On dirait la Germaine. Aller, viens. »

Nous arrivons au bureau de tabac, et là, une bourgeoise avec sa fifille nous accroche verbalement : « Tu as vu le gentil petit chien-chien. Il n’a pas l’air méchant, n’est-ce pas monsieur ? ». « Non madame, elle est adorable. ». « Ah, c’est une fifille. Moi, vous savez, je n’aime que les mâles, beaux, forts et virils ». M’énerve la bourgeoise, m’énerve… Je vais te lui bouffer son mollet de c…..

Le Guyr, toujours égal à lui-même me susurre à l’oreille : « Laisse tomber, c’est certainement une parigotte ! » Ouf ! Me voila rassurée. Les parigots, à part regarder des poissons rouges dans leur bocal, ils ne savent même pas que les animaux existent. Y a qu’à voir au Salon de l’Agriculture, quand ils voient les vaches, ils disent tous que ces drôles de véhicules devraient être exposés au musée de l’automobile !

Nous quittons le magasin, et nous nous dirigeons vers le Beuvron. Sympa le Beuvron. C’est une rivière typique de Sologne, avec ses eaux calmes et reposantes, ses nénuphars, ses saule-pleureurs magnifiques, ses poissons, et surtout, ses poules d’eau et ses canards.

Nous traversions la rue principale du village, quand un rouleur de mécanique en 4X4 nous apostrophe : « Eh, papy ! Tiens ton chien, sinon, il va se faire écraser. ». Aïe ! Le Guyr va s’énerver, il n’aime pas trop qu’on le traite de papy. Mais non, imperturbable qu’il reste. En me jetant un regard qui signifie « encore un j’en foutre, échappé de la capitale ». Ouah ! Là, je suis surprise. Le Guyr qui ne rouspète pas, c’est nouveau, plus qu’étonnant même. A moins qu’aujourd’hui ce soit la Saint Placide, je ne vois pas d’explication logique.

Le Beuvron, c’est bien. Sauf le samedi après-midi et le dimanche. C’est rempli de prends l’air de la ville dans ce coin ! Ah oui, vous ne savez pas ce que c’est qu’un prend l’air ? C’est le genre de type qui en a marre d’engueuler son gamin chez lui et qui l’emmène dehors pour l’engueuler en plein air ! « Fais pas ci, fais pas ça, ne cours pas, attention tu vas tomber, ta mère va gueuler quand elle va voir tes chaussures sales, attention où tu mets les pieds, il y a plein de chiantes de canard ici, mais tiens-toi comme il faut devant le monde, etc. etc. » Et pour achever ce tableau idyllique, quand il croise un promeneur cool avec son compagnon à quatre pattes, vous avez deviné, il ne peut s’empêcher de parader avec cette incontournable petite phrase assassine : « Oh, le gentil petit toutou ! ».

Dix fois, nous l’avons entendu ! Dix fois sur cent mètres… Et toujours le sempiternel mot insupportable : « chien » ! Je commence à en avoir plein le dos de ces conneries. Ma promenade est gâchée. Je tire fort sur la laisse pour faire comprendre au Guyr que j’en ai vraiment, mais absolument ras les oreilles. Compréhensif, il me dit : « Ils t’agacent tous ces désœuvrés du samedi. Viens, nous allons rentrer par le chemin du roi. »

Le chemin du roi, c’est génial. Il paraît que François 1er passait par ce chemin forestier pour se rendre de Blois à Chenonceau. Vous verriez le coin, magnifique, avec ses chênes centenaires, avec ses érables pourpres… Splendide ! Et puis, là-bas, plus de laisse, je peux courir dans tous les sens.

Enfin tranquille, je courate à gauche et à droite, m’étonnant de trouver l’odeur de mon copain Karl (Karl, c’est le bouledogue d’à côté, un brave toutou célibataire qui n’aime pas les toutoutes, mais qui n’en fait pas tout un plat de nouilles ) quand, soudain, là, à deux mètres de moi, un humain plié en deux, le nez à ras du sol ! Nom d’un os de lapin, qu’est-ce qu’il fait là le bipède ? Doucement, je m’approche. Et là, d’un coup, le malotru se relève et crie après le Guyr : « Vous ne pouvez pas tenir votre chien, il écrase mes champignons ! ».

Le Guyr, vous ne le connaissez pas trop. Enfin suffisamment pour savoir qu’il est plus à l’aise dans les bois que dans la ville. Un vrai sauvage, l’ami Guyrault. Mais, gentil, courtois et pas agressif pour un sou. Moi, je peux vous dire que si quelqu’un le titille, et bien, ce quelqu’un ne va être déçu ! Et puis, la nature, c’est son truc, un véritable homme des bois, et il sait très bien que les champignons de Sologne en ce moment, il faut être sacrément persévérant pour en trouver, voire même fou à lier, ou pire carrément barjot. C’est la sécheresse ici, et les champignons, c’est comme les escargots, ils poussent quand il a plu.

Comme je sais que vous lisez mes histoires à vos enfants, je ne vais pas vous raconter l’engueulade qu’il s’est pris le parigot. Ce ne serait pas très éducatif. Je me souviens avec plaisir que le Guyr lui a conseillé d’aller cueillir ‘’ses’’ champignons au supermarché du coin, là-bas à droite tout au fond du magasin, au rayon boites de conserves…

N’empêche que le gigolo, il a encore cité le mot chien. Là, c’est trop. Je grogne et lui montre les crocs au prend l’air. « Eh, ducon ! T’as pas vu que j’étais une chienne, que je lui aboie en pleine poire ? » C’est vrai quoi ! Durant une ballade d’une heure, on m’a prise quatorze fois pour un chien ! Vous êtes aveugles les humains. La différence, elle se voit. Je vais essayer de vous éduquer. Essayer, j’ai dit, car ce n’est pas gagné.

D’après vos statistiques de l’Insee (Institut National des Sciences Etonnantes Evasives), il y a 20 millions de chiens en France. Faux ! En réalité, il y a 10 millions de chiens et 10 millions de chiennes. Pour vous, un chien et une chienne, c’est du pareil au même. Encore faux ! Un chien, c’est un mec et pas une fille. D’abord, un chien, ça déambule toujours avec une clochette entre les pattes arrière. Oui, messieurs-dames, il faut toujours qu’ils signalent leurs présences ces toutous fanfarons, des fois qu’ils aient peur que l’on ne les voit pas ! Une chienne, c’est discret et bien éduqué. C’est pour cela que l’on dit de nous que nous sommes des filles de bonne famille. Un chien, c’est un emmerdeur ; une chienne, c’est un bouquet de délicatesse. La preuve ? Regardez les trottoirs en ville, les crottes, ce sont celles des chiens. Nous les filles, nous n’oserions pas. Il nous faut de l’herbe parfumée pour que nous nous sentions en confiance. Les chiens, de vrais rustauds, ils posent leurs merdes de partout. Les pipis, hein, les pipis ! Qui pissent de partout, sur les lampadaires, sur les pas de porte, sur les arbres, sur les roues de voitures ? Qui lèvent la patte sans arrêt ? Les chiens ! Nous les filles, nous n’oserions pas. Il faut que notre pipi soit absorbé immédiatement par la terre. C’est pour ça que vous ne verrez jamais une chienne faire son petit pipi en ville sur les trottoirs malodorants.

Tiens, encore un exemple. Deux chiens se rencontrent. Comme vous n’êtes pas doués pour voir s’il s’agit de deux chiens, deux chiennes ou un chien et une chienne, je suis certaine que vous n’avez jamais remarqué le manège obscène des chiens et la courtoisie des chiennes. Les chiens, ces obsédés sexuels, il faut toujours qu’ils viennent renifler les parties intimes. Les goujats, ils font même ça entre mecs (c’est l’ami Karl le bouledogue qui me l’a expliqué. Il paraît que certains se revendiquent d’un mouvement populaire dit « le Groupuscule des Parias Aphrodites » ! A se demander où ils vont chercher des trucs pareils ! ) Nous les filles, nous nous faisons toujours une petite léchouille sur la truffe, jamais, nous n’oserions fouinasser dans ces trucs répugnants. De la délicatesse, uniquement de la délicatesse… Vous voulez encore un exemple ? Chez vous, qui s’affale de tout son long sur votre canapé ? Le chien. Qui se pose délicatement sur votre tapis du salon ? Nous les filles …

Maintenant, à l’avenir, j’espère que vous ferez la différence.

Vous avez remarqué ? J’ai fait exprès de ne parler que des « humains » et pas du tout des « humaines ». Qu’en pensez-vous mesdames ? C’est vexant et humiliant, n’est-ce pas, de ne parler que des mecs ? Alors, si vous en avez marre de voir votre mec, se vautrer de partout, prendre plaisir à pisser sous la douche, à se vanter de manifester dans la rue pour des conneries de mecs, rejoignez-nous ! Comme nous les chiennes libérées, fondez votre union syndicale :

La M.O.C.R.I.E.

Mouvance Officielle des Compagnes Râleuses, Incomprises, Emancipées

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8 réflexions sur “Le Ras la Truffe de Mademoiselle Cantate du Vaccarès

    1. Wouaf ! C’est qui cette nana qui me prend pour un chien (« bien vu l’ami »), moi Cantate du Vaccarès, la plus belle chienne du web et certainement celle qui a le plus beau des caractères ! C’est déprimant à la fin. J’espère que vous avez adhéré à la M.O.C.R.I.E., ça atténuera ma déception. Wouaf ! Wouaf !

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    1. Bien vu le jeu de mots ! Cantate a plein de petites histoires de ce genre. Comme elle a un caractère de… chien (!), ce n’est jamais triste. Au fait, excellente la définition de Jean-Jules RICHARD sur la religion, j’adhère totalement. A bientôt. Catelin.

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    1. Cette histoire est parti de ce fait : pratiquement tout le monde « salue » le chien qui se promène avec ses maîtres, sans prendre la peine de demander si c’est un mâle ou une femelle, ce qui avait le don de mettre en rogne le Guyr. La promenade avec ces 14 personnes qui prennent Cantate pour un chien en une heure est véridique. A bientôt. Catelin.

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  1. cecile

    message à toutes les chiennes adhérentes de la MOCRIE : mette un noeud-noeud dans les cheveux, pardon dans les poils autour des oreilles, pour qu’on ne vous prenne plus pour un mec !… ou une fleur, peut-être ? à la tahitienne ? … J’imagine avec un plaisir non dissimulé (ouaf ouaf ouaf !…) la réaction du Guyr …

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    1. Voyons voir, qu’aurait dit le Guyr ? Connaissant assez bien le caractère du bonhomme, je ne pense pas me tromper en affirmant qu’il aurait dit ceci : « T’as vu Cantate, elle a raison « la » Cécile, elles sont mignonnes toutes ces filles de bonne famille avec leur kiki rose. Finalement, tu n’as pas le bon maître ». Oui, il aurait dit ça, tout en tenant Cantate par le collier. Parce que là, dans ce cas présent, je devine ce qu’aurait fait Cantate : « Tu vas voir à ce que je vais lui faire à la mâconnaise ! Je vais te lui bouffer les mollets ! Me prendre, moi, pour une godiche de bourgeoise ! » Grrrrrr…

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